France : fidèles en défense de leur curé PDF Print E-mail
Le diocèse d’Évreux est l’un des plus sinistrés de France. Après Mgr Gaillot et Mgr David, Mgr Nourrichard, l’un des prélats les plus progressistes de France, gère la faillite d’une terre jadis chrétienne, où les églises se ferment les unes après les autres, les catéchismes sont désertés, les vocations découragées, les finances asséchées.

Dans ce désert, un prêtre, l’abbé Francis Michel, maintient la plus vivante des paroisses, Thiberville. Il se trouve que ce curé, qui n’est pas issu du monde traditionaliste mais qui est profondément traditionnel, c'est-à-dire catholique, a appliqué par anticipation le Motu Proprio Summorum Pontificum du pape Benoît XVI, depuis de longues années.

Dans sa paroisse sont célébrées des messes dans la forme dite aujourd’hui “extraordinaire” et des messes dans la forme “ordinaire”, mais de manière conforme aux vœux de Benoît XVI et “tournées” vers le Seigneur. Le résultat ? Thiberville et les 14 clochers que dessert l’abbé Michel forment l’ensemble catholique le plus vivant et le plus missionnaire – le seul encore vivant – du diocèse d’Évreux : église de Thiberville comble à chacune des 3 messes dominicales, desserte “tournante” des autres églises, célébrations des fêtes patronales, processions, catéchismes, participation active des fidèles, foule d’enfants de chœur, confréries, toutes les églises magnifiquement restaurées, registres attestant d’un très grand nombre de mariages et de baptêmes, enterrements assurés par le curé lui-même, etc.

Après bien des épisodes, Mgr Nourrichard a tenté de mettre fin à cette expérience le dimanche 3 janvier 2010, en se rendant à Thiberville avec ses collaborateurs pour annoncer sa décision sans appel : la paroisse de Thiberville n’a plus de curé propre, l’abbé Francis Michel est « révoqué » (et nommé nulle part ailleurs) et la paroisse sera jointe à un “ensemble paroissial”, celui de Bernay. Tout le monde avait ce jour là les yeux fixés sur ce cas exemplaire d’une communauté paroissiale rurale locale, qui veut appliquer les décisions du Pape et que l’évêque veut faire mourir. Le spectacle a dépassé ce que l'on pouvait imaginer : une communauté unanime qui crie (physiquement) sa colère contre sa condamnation à mort par leur “pasteur”.

Mgr Nourrichard est donc arrivé à Thiberville à 9h30, avec son chancelier (qui semblait être plus là par ordre de l’évêque que par conviction et avait bien du mal à cacher sa tristesse) ainsi que son vicaire épiscopal, curé de Bernay, le Père Jean Vivien (accompagné de son conseil paroissial de Bernay), pour annoncer la révocation du curé trop papiste à son goût. Il s’est engouffré dans l’église et s’est d'abord terré dans la sacristie. Tous les paroissiens locaux de Thiberville étaient là. L’église était archicomble (entre 400 et 500 personnes), nef, chœur, chaire même, une partie des paroissiens n’ayant d'ailleurs pas pu entrer. Au premier rang, étaient présents le maire et conseiller général ainsi que tout le conseil municipal, dans le chœur la confrérie des charitons était en grande tenue. L'abbé Michel sort alors de la sacristie pour les derniers préparatifs de la messe de l'évêque : il est accueilli par une ovation interminable, comme lorsque le Pape entre dans Saint-Pierre de Rome !

Puis entre l’évêque d’Évreux qui commence à expliquer aux fidèles, par un lapsus malheureux qu’il est venu à Thiberville célébrer … « la Toussaint ». Hilarité générale… Ensuite, lorsqu’il a voulu annoncer la révocation injuste de l’abbé Michel la pieuse jacquerie s'est amplifiée au maximum créant un brouhaha général. Mgr Nourrichard qui n’a jamais voulu dialoguer avec les fidèles de Thiberville les a toisé superbement et a entendu imposer sa décision d’un autre âge : plutôt la mort de la paroisse qu’une paroisse de ce type.

Face à cette provocation et ce mépris de l’évêque, les parents se sont levés et sont allés chercher au chœur leurs enfants servants de messe afin qu’ils n’assistent pas plus longtemps à cette entreprise peu honorable d’un évêque contre une communauté dont il a pourtant la charge. A leur tour, les élus locaux quittent l’église en raison de l’attitude méprisante de Mgr Nourrichard et son refus de dialoguer. Peut-on imaginer une plus grande accumulation de maladresses par un évêque censé être un homme “d’ouverture” ?

L’Évêque, qui ne sait plus où il en est, apostrophe l'assistance, et intime à ceux qui ne sont pas d'accord avec sa décision de sortir. Le résultat est éloquent : toute l’assistance quitte l’église à l’exception de 21 personnes : dont 3 seulement sont des fidèles de Thiberville et les autres sont le conseil paroissial du Père Jean Vivien venu de Bernay. Dans et hors de l’église, l’évêque d’Évreux a pu mesurer la colère du Peuple de Dieu, chacun, les plus vieux n’étant pas les moins engagés, s’approchant de lui pour lui dire ses quatre vérités et lui conseillant de réviser son catéchisme. A quoi l’évêque a opposé un mépris total pour ces bouseux normands qui n’ont décidément rien compris au Concile. Le tout devant la télévision et les journalistes locaux. Des journalistes parisiens présents, que l'on ne peut taxer de traditionalisme, étaient particulièrement stupéfaits et concluaient que l'évêque qui s'était montré totalement incapable de gérer une situation qu'il avait provoquée, devait logiquement démissionner.

L’abbé Michel a alors annoncé qu’il allait comme d’habitude célébrer la messe à Bournainville-Favrolles, à 11h15. Les élus et les paroissiens l’ont suivi en si grande foule que l’église n’a pas pu contenir tout le monde. Messe “réforme de la réforme” face à Dieu. L’Évêque en état de rage froide a poursuivi sa victime, mais n'a pu pénétrer dans la nef en raison de la foule des fidèles amassée dans et hors de la petite chapelle.

Dans l’après midi, à 16h, alors que le chapelet est récité par une assistance comble devant le Saint Sacrement dans l’église de Thiberville, Mgr Christian Nourrichard revient sur les lieux où il a créé le scandale accompagné du Chancelier et du Père Philippe Bénard, vicaire à Bernay, qui avait déjà été nommé nouveau curé de Thiberville par une note officielle du 30 juin 2009. L’Évêque s’assied dans la nef puis, juste avant que la messe de 17h soit célébrée, il quitte l’église. Mgr Nourrichard avant de partir fait savoir à l'ancan « qu’on n’en restera pas là ». Puis la messe en forme extraordinaire commence très pieusement, au cours de laquelle l’abbé Michel fait les annonces de la semaine : tout continue comme avant, il reste à Thiberville (le presbytère appartient à la Mairie et le Conseil municipal a voté à l’unanimité son maintien à la disposition de l’abbé Michel) et fera un recours devant les juridictions compétentes.

« A Thiberville comme à Langres – commente “Paix Liturgique” (n. 211bis, 6 janvier 2009) – c’est la même opposition à la politique de paix et de réconciliation prônée par Benoît XVI qui s’exprime. Monseigneur Nourrichard ne veut pas du Motu Proprio de Benoît XVI dans son diocèse. Monseigneur Nourrichard ne veut pas de l’esprit Benoît XVI dans son diocèse. Pour mémoire, Monseigneur Nourrichard, que l'on appelle désormais partout en France « Monseigneur H1N1 » est l’évêque qui dans un communiqué en date du 26 octobre 2009 interdisait à ses prêtres de distribuer dans son diocèse la communion sur les lèvres … afin de freiner la propagation du virus H1N1 (sic !) pendant que le Pape, inlassablement ne cesse de montrer l’exemple en distribuant systématiquement la communion aux fidèles sur la langue et à genoux. Faire le contraire de ce que demande le Pape et se déclarant fidèle au Pape, reprocher à un prêtre qui obéit au Pape de désobéir à son évêque, voilà la duplicité de Monseigneur Nourrichard qui hier a scandalisé le Peuple de Dieu à Thiberville”.