Climat: suivez l’argent PDF Print E-mail
On parle désormais de « Climategate » depuis la publication sur l’Internet de plus de 1 000 emails de l’Unité de recherche climatique (CRU – Climate Research Unit) de l’Université d’East Anglia.

Cette unité joue un rôle majeur au sein du GIEC (Groupe Intergouvernemental sur l’évolution du climat) et les conclusions de ses études ont justifié de nombreuses politiques publiques contraignantes comme le marché des droits à émission, la taxe carbone, les subventions publiques au développement des énergies renouvelables, etc.

Or les emails piratés ne laissent aucun doute sur une volonté de dissimuler voire même de falsifier certaines données qui ne cadrent pas avec l’hypothèse dominante d’un réchauffement causé par l’homme. « S’il est une chose qui semble se dégager des débats autour des emails du CRU, c’est que le public ne devrait pas – comme nous l’avons souvent répété dans nos articles – croire que le consensus dans le domaine climatique existe (...) » (Cécile Philippe, IEM, 24 novembre 2009).

En matière de science, le scepticisme est un devoir. Mais « les personnes qui se montrent sceptiques à l’égard des origines du changement climatique sont trop souvent considérées comme immorales ou malhonnêtes. Il y a quelques mois, le secrétaire à l’environnement britannique David Milibrand assimilait ceux qui nient le changement climatique aux défenseurs modernes de l’idée que la Terre est plate. Récemment, la Royal Society de Londres – l’équivalent de l’Académie des Sciences française – a tenté de réduire au silence les « sceptiques » du changement climatique en incitant une grande entreprise à cesser de les financer au motif qu’ils “déforment la science du changement climatique ”».

    Or, comme dans la plupart des grands enjeux de ce temps, il suffit de suivre l’argent pour mieux comprendre. « Penchons-nous d’abord sur le cas de Phil Jones, le directeur du CRU et l’homme au centre du Climategate – écrit Bret Stephens (“Wall Street Journal”, 3 décembre 2009) –. Selon l’un des documents piratés en provenance de son centre, M. Jones a été le récipiendaire (ou le co-récipiendaire) de quelque 19 millions $ en subventions à la recherche de 2000 à 2006, soit une multiplication par six des sommes qu’il a reçues dans les années 1990. Pourquoi l’argent a-t-il afflué si rapidement ? Parce que l’alarme climatique continuait de sonner fort : plus elle sonnait fort, plus les sommes étaient élevées. Et qui était mieux placé pour la faire sonner fort que des gens comme M. Jones, l’un des bénéficiaires les plus probables ?

Les plus récents crédits budgétaires adoptés par la Commission européenne pour financer la recherche sur le climat s’élèvent à près de 3 milliards $, et c’est sans compter les fonds en provenance des gouvernements membres de l’Union. Aux États-Unis, la Chambre des représentants prévoit de dépenser 1,3 milliard $ sur les travaux de la NASA dans le domaine du climat, 400 millions sur la NOAA [National Oceanic and Atmospheric Administration] et un autre 300 millions $ pour la National Science Foundation. Les États apportent aussi de l’eau au moulin, la Californie – qui n’est apparemment pas en faillite lorsqu’il s’agit de ces questions – consacrant 600 millions $ à son propre programme de lutte contre les changements climatiques. Et, selon les estimations de la Banque HSBC, tout ceci n’est qu’une fraction des 94 milliards $ dépensés à travers le monde sur ce qu’elle appelle “le plan de relance vert”, c’est-à-dire principalement sur la production d’éthanol et d’autres projets de développement d’énergies alternatives, des projets dont Al Gore et ses partenaires chez Kleiner Perkins espèrent tirer de généreux bénéfices.

Comme on le sait, l’offre crée sa propre demande. Ainsi, pour chaque milliard additionnel de subventions gouvernementales à la recherche (ou les dizaines de millions fournis par des fondations telles que Pew Charitable Trusts), des universités, des instituts de recherche, des groupes de pression et leurs diverses filiales et organisations dérivées sont soudainement apparus pour les recevoir. Ces groupes forment aujourd’hui leur propre écosystème. Ils comprennent non seulement les mouvements bien établis tels le Sierra Club ou Greenpeace, mais également Ozone Action, Clean Air Cool Planet, Americans for Equitable Climate Change Solutions, Alternative Energy Resources Association, California Climate Action Registry, etc. Tous ont reçu un financement relié aux changements climatiques, et tous doivent donc croire en la réalité du réchauffement climatique (et d’une catastrophe imminente) ». (C. B. C.)