Etats-Unis : la Déclaration de Manhattan PDF Print E-mail
La “Déclaration de Manhattan” a été signée par des leaders catholiques, protestants, orthodoxes, unis pour défendre la vie et la famille face à la Maison Blanche. L’appel public a été lancé par des personnalités de tout premier plan de l’Eglise catholique, des Eglises orthodoxes, de la Communion anglicane et des communautés évangéliques des Etats-Unis.

Parmi les responsables catholiques,  il faut signaler le cardinal Justin Rigali, archevêque de Philadelphie, Donald W. Wuerl, archevêque de Washington, ainsi que 12 autres archevêques et évêques, dont le cardinal Adam Maida, de Detroit. Parmi les autres signataires figurent le métropolite Jonah Paffhausen, primat de l’Eglise orthodoxe en Amérique, le révérend William Owens, président de la Coalition of African-American Pastors, Robert W. Duncan, primat de l’Anglican Church in North America, et Peter J. Akinola, primat de l’Anglican Church in Nigeria. On notera aussi le père jésuite Joseph D. Fessio, disciple de Joseph Ratzinger et fondateur de la maison d’édition Ignatius Press, William Donohue, président de la Catholic League, Jody Bottum, directeur de la revue “First Things”, George Weigel, membre de l’Ethics and Public Policy Center.

La “Déclaration de Manhattan” survient à un moment critique pour la société et la vie politique américaines où le gouvernement de Barack Obama est très occupé à faire passer un plan de réforme de l'assurance-maladie aux Etats-Unis. « En défendant la vie humaine dès la conception et le droit à l'objection de conscience, l'appel conteste deux points mis en danger par le projet de réforme actuellement en discussion au Sénat. Au Congrès, une vive action de lobbying menée au grand jour par l'épiscopat catholique a contribué à éventer le danger. Le vote final ayant garanti à la fois le droit à l'objection de conscience et le blocage de tout financement public en faveur de l'avortement. La conférence des évêques a présenté ce résultat comme un succès. Mais au Sénat, la bataille repart à zéro, sur un texte initial que l’Eglise juge à nouveau inacceptable. La conférence des évêques a déjà adressé aux sénateurs une lettre indiquant les modifications qu’elle souhaite voir apporter à tous les points litigieux » (“Le Fil international”, 27 novembre 2009).

Jamais une pression d’une telle envergure n’a été exercée par des représentants religieux sur les élus aux Etats-Unis. Le dernier chapitre de la “Déclaration de Manhattan” s’achève sur cette annonce solennelle : « Nous ne nous laisserons pas contraindre au silence, à l'acquiescement, à la violation de nos consciences par quelque pouvoir que ce soit, culturel ou politique, quelles que puissent être les conséquences pour nous. Nous rendrons à César ce qui est à César, pleinement et sans rechigner. Mais en aucun cas nous ne rendrons à César ce qui est à Dieu ». Depuis quand un tel langage n’a-t-il plus été tenu en Europe ? (G. de B.)