| UE : le futur de l’Europe, dans les églises ou dans les minarets ? |
|
|
|
|
Le chroniqueur médiéval Raul Glaber relate qu’au début de l’an Mil, l’Europe allait se couvrir d’un blanc manteau d’églises. Les clochers se dressant dans les bourgs et dans les villes annonçaient un nouveau printemps de la foi. La grande Civilisation chrétienne du Moyen-Âge commençait. Depuis ce moment-là, au cours des siècles, ces églises et ces clochers ont marqué le paysage et l’espace public européen. Le professeur Josef Weiler, un constitutionnaliste américain de religion juive, rappelant l’histoire biblique des hommes qui furent envoyés explorer la Terre Promise, écrit que ces mêmes hommes envoyés aujourd’hui « chercher » la Terre Promise de l’Europe raconteraient aussi cela : « Que dans toute agglomération, même la plus petite, les tombes dans les cimetières portent des inscriptions différentes dans les langues européennes, mais elle ont presque toutes la même croix chrétienne ; pour ceux qui rendent visite à un cimetière, cette croix se présente toujours égale, immutable aussi dans le temps : c’est la même croix sur une tombe de 1003 que sur une de 2003. Elles raconteraient, ensuite, qu’il n’existe pas de ville ou de pays d’une certaine grandeur qui n’ait pas au moins une église chrétienne, et parfois plus d’une ; quand même dans l’Europe occidentale, où la liberté de religion n’est pas une conquête récente, et cela a permis à la Chrétienté de s’exprimer dans les siècles, aussi à travers la construction d’églises. Dans certains endroits, ces églises peuvent même rester vides pour la plupart de l’année ; mais elles sont là, souvent d’une beauté majestueuse, souvent dans une position dominante dans le cœur de l’espace public » (L’Europe chrétienne ? Une excursion, Les Editions du Cerf, Paris 2007). La croix, symbole d’identification de notre civilisation, est aujourd’hui mise en discussion par les mêmes Européens. La Cour de Justice de Strasbourg somme l’Italie d’enlever les crucifix des espaces publics et des conseils communaux, comme celui de Lugo di Romagna (Ravenne), décident de sa disparition des pierres tombales des cimetières. Un projet de loi de la même teneur est en train d’être étudié par le gouvernement belge pour « ne pas offenser les musulmans ». Dans l’Europe fatiguée et morne de nos jours, les croix sont enlevées, les églises se vident ou elles sont transformées en hôtels, tandis que les mosquées surgissent de plus en plus nombreuses, à l’ombre des minarets. Les mosquées et les minarets ne sont pas des éléments décoratifs du paysage, mais l’expression d’une foi religieuse qui s’élargit dans notre continent. L’écho de cette Europe chrétienne s’est répandu dans les siècles et arrive comme une voix plaintive et éteinte. Aujourd’hui l’Europe renonce au crucifix et se couvre de minarets. « Les minarets sont nos baïonnettes, les coupoles nos casques, les mosquées nos casernes, et les croyants notre armée ». Ainsi s’exprimait l’actuel Premier ministre turc Tayyip Erdogan, en 1998, citant un poète musulman. Tous les Suisses, qui ont voté contre la construction de nouveaux minarets en Suisse, ne connaissent pas cette citation, mais ce n’est pas surprenant qu’ils considèrent les minarets comme un symbole de conquête culturelle. Le minaret (en arabe manar, le phare, qui projette la foi) est la tour qui propage aux quatre points cardinaux la foi islamique. Accepter le minaret signifie accepter ce qui est indissociable du minaret : la présence du muezzin, qui lance un appel à la prière et à la conversion à Allah. Le droit de propager leur propre foi est revendiqué par les musulmans au nom de la “liberté religieuse”. Mais au nom de la même liberté religieuse, les adeptes de l’Islam demandent le respect de leur loi religieuse, qui impose des pratiques, telles que la polygamie, et interdit toute forme d’“apostasie”, c’est-à-dire l’abandon de l’islamisme pour se convertir au Christianisme. Pour les musulmans la liberté religieuse signifie donc le droit de convertir les chrétiens à l’Islam et en même temps l’interdiction de convertir les musulmans au Christianisme. Le terme “liberté religieuse” est par contre compris en Occident comme “religion de la liberté”, c’est-à-dire comme suprématie absolue de l’autodétermination de l’individu et la consécutive équivalence de toute religion. Mais quelle est la religion aujourd’hui menacée en Europe, celle des musulmans ou celle des chrétiens ? La Cour de Strasbourg, qui a condamné l’exposition publique des crucifix, se prononcerait-elle contre la proclamation de la foi mahométane des tours des minarets ? Le crucifix ne peut pas être exposé dans une école à majorité chrétienne, mais dans les mêmes villes où le crucifix ne peut pas être exposé, des mosquées et des minarets peuvent se dresser. On distingue entre les minarets et les mosquées, en définissant religieusement comme agressifs les premiers et comme “pacifiques” les deuxièmes. On oublie cependant que les mosquées ne sont pas seulement des lieux de culte, mais qu’elles font aussi fonction de propagation de la charia, la loi islamique. L’association des Frères Musulmans, comme par exemple le rappelle Magdi Allam, « promeut l’islamisation de la société à partir du bas, par le contrôle des mosquées, des centres culturels islamiques, des écoles coraniques, des associations caritatives et des institutions financières. La tactique poursuivie consiste à donner progressivement vie à un état islamique en devenir à l’intérieur d’un Etat de droit” (Kamikaze made in Europe, Mondadori, Milan 2005, p. 22). Le Cheik Yusuf al Qaradawi, dans une fatwa du 29 octobre 2001, l’a répété : « Depuis toujours la mosquée a eu un rôle dans le jihad au nom d’Allah, pour combattre les envahisseurs, ennemis de cette religion ». Les pays islamiques font partie d’une Conférence internationale, l’OCI, regroupant 57 pays de religion musulmane, unis dans la conscience d’appartenir à une seule communauté de croyants, l’Umma. Le but de l’OCI est de propager la charia dans le monde entier et de défendre l’identité islamique des musulmans qui vivent dans n’importe quelle partie du monde, y compris en Europe : cette Europe qui, avec la ratification du traité de Lisbonne, élimine les racines chrétiennes de sa charte fondatrice et ouvre la porte au délit d’“islamophobie”. Il ne faut pas s’accuser de manque de charité à l’égard de l’Islam. Le respect pour la dignité de tout homme, y compris les musulmans, ne doit pas nous faire oublier que le vrai Dieu est unique, celui qui s’est révélé comme un et trine et qui est mort sur la Croix pour nous délivrer de nos péchés. C’est pourquoi le Christianisme – comme l’a expliqué le Pape Jean-Paul II dans un discours du 15 septembre 2002 – « trouve dans la Croix son symbole principal. Partout où l’Evangile s’est enraciné, la Croix indique la présence des chrétiens. Dans les églises et dans les maisons, dans les hôpitaux, dans les écoles, dans les cimetières, la Croix est devenue le signe par excellence d’une culture qui puise au message du Christ la vérité et la liberté, la confiance et l’espérance ». Le message de Jésus-Christ continue-t-il à enflammer les cœurs des Européens ? Le problème principal n’est pas l’expansion de l’Islam, mais la perte, de la part des Européens, de la flamme de l’amour de Dieu, de la lumière de la foi et de la force invincible de l’espérance. (R. d. M.) |