Belgique: descente de police à l’archevêché PDF Print E-mail
Le jeudi 24 juin, les évêques de Belgique étaient enfermés au Palais archiépiscopal de Malines pendant environ 9 heures, pour une perquisition dont on a parlé dans le monde entier. Leurs téléphones portables ont été confisqués, de même que leurs ordinateurs. De nombreux documents ont été emportés par les enquêteurs et les sépultures des précédents archevêques ont été sondées.

Loin de protester comme l’a fait le Saint-Siège, Mgr Léonard a déclaré que « la justice fait son travail et [qu’] elle avait le droit de perquisitionner ». Il regrettait néanmoins un « zèle peut-être excessif ». Lors de la démission de Mgr Vangheluwe, Mgr Léonard a immédiatement appelé les victimes d’actes pédophiles à porter plainte en justice.

Au même moment, des perquisitions étaient menées à Louvain, à la Commission pour le traitement des plaintes pour abus sexuel dans la relation pastorale, un organisme autonome attaché à la conférence épiscopale et dirigé par le Professeur Adriaenssens. Les policiers ont tout simplement emporté tous les dossiers et les ordinateurs de la commission, brisant ainsi tout espoir de maintenir la confidentialité demandée par beaucoup de victimes. Le Professeur Adriaenssens et toute son équipe ont démissionné en signe de protestation. La rapidité et le manque total de déontologie des perquisitions ont choqué beaucoup de monde, dont Child Focus, un organisme non confessionnel qui a fait part de sa consternation au nom des victimes. Mais, de son côté, le monde laïciste jubile. Certains observateurs pensent que l’opération n’avait d’autres buts que d’humilier l’Eglise et ses représentants. La presse avait été alertée une demi-heure avant les perquisitions…

Le même jour, les évêques étaient attendus à la basilique de Koekelberg à une messe pendant laquelle on devait vénérer les reliques du cœur du saint curé d’Ars. 70 prêtres étaient présents. Les évêques n’arrivant pas, le Nonce Apostolique a présidé lui-même la célébration. Or, pendant la communion une dizaine d’individus cagoulés en noir ont fait irruption, ont fait sauter des pétards, ont versé un liquide rouge dans les bénitiers, ont sonné de la trompette et ont lancé vers les fidèles des préservatifs remplis de champoing. Au moment de sortir, ils ont lâché dans la Basilique des ballons d’hélium auxquels étaient attachés des sirènes émettant un bruit continu assourdissant. Les ballons ont été se loger contre les voûtes de la Basilique. On ose à peine imaginer quelle émotion une telle incursion aurait produite dans une mosquée. Mais la presse n’en a soufflé mot. Enfin, cet événement ne fit pas oublier que deux immenses corbeilles de fleurs avaient été déposées au début de la messe portant des cartes de visite au nom de Reine Paola et Roi Albert II avec ces mots : « De tout cœur avec vous ». (C. B. C.)