2021 à la lumière du message de Fatima et de la droite raison

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Le message de Fatima

Que s’est-il vraiment passé en 2020, cette année dramatique qui vient de se clôturer ? Et que nous réserve 2021 ? Quels horizons pour notre temps ?

Le panorama qui s’ouvre sous nos yeux est nébuleux, difficile à scruter, mais je vais tenter de le faire du haut des grands principes, des grandes certitudes sur lesquelles l’on doit s’appuyer pour juger l’histoire du monde.

Parmi ces grandes certitudes, il en est une qui, plus que toute autre, nous aide à nous orienter pour le présent et l’avenir : c’est le message de Notre-Dame à Fatima en 1917.

Nous savons bien que la Révélation divine s’est achevée avec la mort du dernier apôtre et que rien ne peut y être ajouté. Le message de Fatima n’appartient pas au patrimoine de la foi révélée. Mais il est vrai aussi que, parmi les révélations privées, certaines concernent la perfection spirituelle des âmes, tandis que d’autres ont une portée sociale en ce qu’elles s’adressent à l’humanité toute entière.

Or le message de Fatima est une révélation privée pour le bien spirituel non seulement des trois pastoureaux qui l’ont reçu, mais pour l’humanité toute entière. Et aucune des révélations privées du siècle dernier n’a connu comme Fatima une telle reconnaissance de l’Église. En cent ans, pas moins de sept papes, de Pie XII au pape François, ont reconnu et honoré Notre-Dame de Fatima, même si aucun n’a réalisé pleinement ses demandes.

En l’an 2000, l’Église a en outre officiellement publié le fameux troisième secret de Fatima, la dernière partie du message révélé aux trois pastoureaux. Une prophétie non encore réalisée, que nous devons toujours garder à l’esprit1.

L’horizon tracé par le message de Fatima est tragique. La première tragédie que la Vierge Marie présente aux pastoureaux est la terrible vision de l’enfer dans lequel tombent les âmes des pécheurs qui ne se repentent pas.

La deuxième tragédie est décrite par la Vierge : «Dieu va punir le monde de ses crimes par le moyen de la guerre, de la faim et des persécutions contre l’Église et le Saint-Père». Si l’humanité ne se convertit pas, «la Russie répandra ses erreurs à travers le monde, favorisant guerres et persécutions contre l’Église. Les bons seront martyrisés, le Saint-Père aura beaucoup à souffrir, diverses nations seront détruites».

Dans la troisième partie de la tragédie, on voit le pape et avec lui «divers autres évêques, prêtres, religieux et religieuses gravir une montagne escarpée, au sommet de laquelle il y avait une grande Croix en troncs bruts, comme s’ils étaient en chêne-liège avec leur écorce; avant d’y arriver, le Saint-Père traversa une grande ville à moitié en ruine et, à moitié tremblant, d’un pas vacillant, affligé de souffrance et de peine, il priait pour les âmes des cadavres qu’il trouvait sur son chemin; parvenu au sommet de la montagne, prosterné à genoux au pied de la grande Croix, il fut tué par un groupe de soldats qui tirèrent plusieurs coups avec une arme à feu et des flèches; et de la même manière moururent les uns après les autres les Évêques les Prêtres, les religieux et religieuses et divers laïcs, hommes et femmes de classes et de catégories sociales différentes. Sous les deux bras de la Croix, il y avait deux Anges, chacun avec un arrosoir de cristal à la main, dans lequel ils recueillaient le sang des Martyrs et avec lequel ils irriguaient les âmes qui s’approchaient de Dieu».

Cependant, quelques mots de la Vierge Marie viennent illuminer d’une immense espérance ce scénario tragique : «À la fin, mon Cœur Immaculé triomphera. Le Saint-Père me consacrera la Russie qui se convertira, et il sera donné au monde un certain temps de paix» (…).

Le triomphe du Cœur Immaculé de Marie est annoncé comme certain et inconditionnel : il se réalisera en tous les cas. En revanche, le châtiment précédant le triomphe est conditionnel : il ne se produira que si l’humanité ne se convertit pas. Du fait de ce caractère conditionnel, on ne peut parler du châtiment comme d’une certitude absolue, même si ces dernières années l’apostasie croissante de l’humanité montre une quasi-irréversibilité du processus historique menant d’abord à un châtiment grave, puis au triomphe du Cœur Immaculé de Marie.

Les règles de la raison

Le message de Fatima requiert notre foi, mais la foi est basée sur la raison et la raison a certaines règles de base que nous devons suivre.

Le père Réginald Garrigou-Lagrange, enseigne que la règle de la sagesse est d’«expliquer l’inférieur par le supérieur», «selon la subordination des causes qui nous conduit à la cause première et à la fin dernière de l’univers, à Dieu, premier Être, première Intelligence et souverain Bien» 2.

En outre, dans le processus cognitif, la certitude, qui exclut tout doute, ne doit pas être confondue avec l’opinion, qui admet la possibilité d’erreur, ou avec l’hypothèse, qui exige d’être démontrée pour devenir une thèse certaine.

Le raisonnement à suivre pour passer d’une hypothèse à une certitude s’appelle démonstration. Chaque démonstration est basée sur le principe de non-contradiction, fondement de la logique. Au raisonnement vrai, fondé sur la logique, s’oppose le sophisme, ou paralogisme, qui est un faux raisonnement, fondé sur des erreurs logiques et, en dernière analyse, sur la violation du principe de non-contradiction. Cependant, on ne peut garder la logique sans l’aide de la grâce, qui éclaire l’intelligence de l’homme et affermit sa volonté. La vie spirituelle est une aide à l’activité rationnelle de l’homme.

Le mauvais usage de la raison donne la primauté à l’imagination, forme de connaissance qui ne suit pas des étapes logiques, mais est souvent déterminée par un état émotionnel. La raison est remplacée par l’imagination et la démonstration par la narration. Pour expliquer le sens du terme phantasía, Aristote fait remarquer qu’il dérive de la lumière (pháos). Tout comme les stimuli lumineux génèrent des sensations visuelles, l’esprit produit intérieurement des “fantasmes” (phantásmata) ou images qui ne correspondent pas toujours à la réalité. Toute image qui impressionne notre esprit doit donc être vérifiée à la lumière de la raison, faculté supérieure de l’âme.

Certitudes et opinions

Tout a commencé en janvier 2020, avec la nouvelle d’une épidémie dont l’épicentre était en Chine, dans la ville de Wuhan. La mondialisation a facilité non seulement l’expansion du virus, mais aussi la diffusion, en temps réel, de toutes les nouvelles le concernant, ce qui finit par créer sur le sujet une attention hypertrophique.

Le 11 mars, l’Organisation Mondiale de la Santé, après avoir d’abord minimisé l’événement, déclara qu’il s’agissait d’une pandémie d’un “coronavirus”, que l’on nomma ensuite Covid-19. Personne ne sait avec certitude quelle est la fiabilité des données statistiques communiquées par l’OMS elle-même et par les gouvernements du monde entier, par défaut ou par excès ; personne ne sait avec certitude si les mesures prises pour contenir la pandémie, comme les masques et la quarantaine, sont réellement les bonnes ; personne n’est en mesure de se prononcer avec certitude sur l’efficacité des vaccins solennellement proposés au monde le 27 décembre 2020. Sur tous ces points, chacun de nous peut avoir des opinions et avancer des hypothèses, mais personne n’est à même de transformer ces hypothèses en certitudes.

Il y a certes des évidences factuelles à prendre en considération. Les premières, de nature économique et sociale, apparues au cours de l’année 2020 : la faillite de nombreuses petites entreprises, de graves pertes de revenus pour la classe moyenne, le chômage et la pauvreté, tandis que les États semblent incapables de faire face à la crise économique avec l’argent public. Plus graves encore sont les conséquences psychologiques de la pandémie, dues principalement au climat d’alarme et de peur créé dans le monde entier. La peur du virus a provoqué l’angoisse, la dépression et même un nombre important de suicides dans une société qui s’est forgée dans le rejet de la mort et le culte de la santé et du bien-être. L’Occident, qui n’a pas connu de guerre ces soixante-dix dernières années, s’est retrouvé psychologiquement sans défense face à ce que le Président français Macron a appelé «une guerre contre un ennemi invisible»3.

Et ce qui semble encore plus grave que la peur, c’est la perte de confiance dans notre prochain, en l’occurrence principalement attribuable à une impatience face aux mesures restrictives imposées par les gouvernements, souvent confuses et déraisonnables. Dans certains pays, ces mesures ont ébranlé les fondements mêmes de la tradition juridique quant au rapport entre l’urgence et les libertés individuelles, notamment en matière de liberté religieuse 4. De plus, la classe politique s’est appuyée sur la classe sanitaire pour éradiquer la pandémie, mais une profonde division s’est vite formée également parmi les scientifiques. Derrière eux, semble se dessiner une lutte obscure entre les grandes entreprises pharmaceutiques, qui tirent certainement profit de la dépendance pharmacologique de la population5.

A côté des intérêts économiques de ces maisons, il y a aussi ceux du capital financier, car les entreprises pharmaceutiques ont besoin de soutien pour leurs recherches et la commercialisation de leurs produits. La production de vaccins implique les Etats dans la compétition, et ils sont prêts à la mener sans aucune retenue 6.

Et c’est ainsi que s’effondre la confiance des citoyens envers les gouvernements, la classe politique et médiatique, mais aussi envers la science et la classe médicale. La méfiance s’installe aussi envers les personnes qui nous sont proches, que nous respections hier, mais dont nous perdons l’estime du fait des divergences d’opinion.

Si nous devions attribuer à ces événements un caractère de “causalité” de la pandémie, nous tomberions dans l’erreur qui consiste à confondre cause et effet, l’un des paralogismes typiques critiqués par Aristote dans ses Réfutations sophistiques7. Par exemple, l’existence d’une “dictature de la santé” ou d’une crise économique générée par la pandémie ne suffit pas à prouver que cette pandémie a été déclenchée ou est gérée dans le but de provoquer une dictature de la santé ou une crise économique.

Virus naturel ou produit en laboratoire ?

Outre la diversité des opinions sur les mesures politiques et sanitaires mises en place face à la pandémie, il y a également une pluralité d’hypothèses sur l’origine et la nature du virus, qui reste encore mystérieuse. La majorité des scientifiques pensent qu’il s’agit d’un virus d’origine animale qui, selon les théories évolutionnistes, est le résultat d’un “saut d’espèce” (spillover) des chauves-souris à l’homme. Spillover. L’evoluzione delle pandemie8 est le titre d’un essai écrit en 2012 par le vulgarisateur scientifique américain David Quammen, qui avait déjà prédit l’éventualité d’une dangereuse pandémie de coronavirus sur la base des données recueillies au cours de ses études.

Il y a cependant une deuxième hypothèse, que personne n’a pu exclure jusqu’à présent : la possibilité d’une origine synthétique de la pandémie. A Wuhan, se trouve en effet un National Biosafety Laboratory, où sont menées des recherches civiles et militaires sur des virus potentiellement pathogènes pour l’homme. Le coronavirus pourrait être sorti de ce laboratoire du fait d’un accident, un «hazardous event», ou bien pourrait être l’instrument d’un acte délibéré de guerre biologique.

L’hypothèse d’une fuite du virus du laboratoire de Wuhan a été avancée en Italie dès le 25 janvier 2020 par le journaliste Paolo Liguori9, et aux États-Unis, en février, par Steven Mosher, président du Population Research Institute10. Le prix Nobel de Médecine Luc Montagnier, dans une interview du 17 avril11, a soutenu la thèse de l’origine artificielle du virus, tandis que le 3 mai 2020, dans une interview à ABC News, le secrétaire d’État américain Mike Pompeo, a affirmé qu’«une quantité considérable de preuves indique que le laboratoire de Wuhan est à l’origine de Sars-CoV2»12. C’est le chercheur italien Joseph Tritto, qui a développé cette hypothèse en détails dans une étude intitulée Cina Covid-19. La chimera che ha cambiato il mondo13.

Outre l’hypothèse d’une fuite involontaire du laboratoire de Wuhan, il y a aussi celle selon laquelle le virus serait un produit du bioterrorisme chinois. Un chercheur de l’Université de Hong Kong, Li-Meng-Yan14, qui a fui aux États-Unis en avril, a affirmé, sur la base de ses études, que la Covid-19 n’est pas issue de la nature, mais est une arme biologique créée délibérément pour tuer. L’officier indien Sharad S. Chauhan a lui aussi écrit un livre intitulé COVID-19 – Opportunistic Bioterrorism? A Virus from China set to Change World History15 dans lequel il affirme que le virus a été lancé par la Chine pour changer le monde à son avantage.

A ce propos, il faut rappeler qu’en 1999, un livre a été publié par deux officiers chinois, Qiao Lian et Wang Xiangsui, intitulé Unrestricted warfare (en français, Guerre sans limites. L’art de la guerre asymétrique entre terrorisme et mondialisation) dans lequel les auteurs affirment que la Chine, pour se défendre, ne doit pas hésiter à utiliser tous les instruments dont elle dispose, y compris les armes biologiques. Et le laboratoire de Wuhan est certainement un instrument important pour réaliser ces armes.

Le concept de “guerre sans limites” nous renvoie à celui de “guerre asymétrique”: un conflit où l’une des parties est obligée de se défendre contre un ennemi non identifiable employant des armes non conventionnelles. L’utilisation de la biotechnologie, de l’informatique et de l’intelligence artificielle fait partie de la stratégie militaire chinoise et est un exemple typique de guerre asymétrique.

Un traité international (Biological and Toxin Weapons Convention: BTWC), signé le 12 avril 1972 et entré en vigueur le 26 mars 1975, interdit l’essai et la production d’armes biologiques. Tous les États de l’Union européenne, les États-Unis, l’Australie et le Japon l’ont ratifié, mais pas la Chine. L’Union Soviétique a adhéré au traité, mais cela n’a pas empêché, dans les années 70, le lancement de Biopreparat, un programme de recherche militaire dans le secteur biologique et bactériologique. Au début des années 90, l’installation a été officiellement démantelée, mais il semble que la Russie ait hérité de la plupart des armes biologiques développées pendant la guerre froide.

La guerre biologique est un secteur stratégique qui présente de nombreux avantages : c’est une guerre qui produit un effet nuisible ou mortel sur des choses et des personnes, dont l’origine véritable est difficile à identifier, et qui peut donc être menée de façon dissimulée ; de plus, en raison de sa nature cachée, cette guerre affecte non seulement le physique, mais aussi le moral de la population. Et l’on attribue la responsabilité des dommages non pas à ceux qui ont provoqué la crise, mais à ceux qui, dans chaque pays, tentent de la gérer. Pendant la guerre froide, la paix internationale était assurée par “l’équilibre de la terreur” entre la Russie et les États-Unis, tous deux conscients que l’utilisation d’armes nucléaires aurait provoqué une réaction immédiate et dévastatrice de l’autre superpuissance. Aucune dissuasion n’est possible lorsque les armes nucléaires sont remplacées par des armes biologiques qui, de par leur nature, se prêtent à un usage dissimulé. 

La Russie est une puissance en déclin et la Chine une puissance émergente, mais ce que la Russie d’hier et la Chine d’aujourd’hui ont en commun, c’est un système idéologique dont le pape Pie XI a souligné le caractère mensonger et intrinsèquement pervers dans son encyclique Divini Redemptoris du 19 mars 1937.16 À Fatima, la Vierge Marie a annoncé que la Russie répandrait ses erreurs dans le monde entier. Les erreurs sont celles du communisme, qui devait s’étendre bien au-delà des frontières de la Russie et surtout après l’auto-dissolution de l’Union Soviétique en 1991. La Chine, comme d’autres pays, développe la recherche biologique dans les domaines civils et militaires. Il est probable que le coronavirus soit sorti du laboratoire de Wuhan, que cela se soit produit comme un acte de guerre biologique ou involontairement, au cours d’une guerre ou d’un programme de recherche sur la santé. Mais la probabilité ne transforme pas une hypothèse en certitude tant que l’on n’a pas de preuves solides.

Pour le moment, la seule certitude est que le bouleversement causé par la pandémie met à mal le processus de mondialisation des trente dernières années, fondé précisément sur le rôle de la Chine, qui a mis sa main d’œuvre à la disposition de l’Occident, tandis que l’Occident a largement ouvert son marché aux produits de consommation made in China17. Selon les dernières analyses, la Chine dépassera les États-Unis et deviendra la première économie mondiale en 2028, soit cinq ans plus tôt que prévu. L’accélération s’est produite suite à la pandémie, mais baser les accusations contre la Chine uniquement sur le principe post hoc propter hoc, serait un raisonnement forcé. Nous ne pouvons nous tromper, en revanche, si nous attribuons tout ce qui est arrivé en 2020 aux desseins éternels de la Providence Divine.

Vrais et faux complots

Une autre hypothèse s’est répandue, surtout sur internet: celle selon laquelle une oligarchie financière occidentale aurait produit la pandémie et en contrôlerait la diffusion, dans le but de soumettre l’humanité à un unique gouvernement mondial. Si c’était le cas, le coronavirus ne serait pas né dans les laboratoires de Chine, mais dans ceux de l’Occident. La thèse de l’attaque bactériologique américaine a été avancée en premier lieu par le gouvernement chinois qui, par l’intermédiaire du porte-parole de son ministère des Affaires étrangères, a accusé les États-Unis d’avoir apporté l’agent pathogène en Chine, à l’occasion des Military World Games, les jeux militaires internationaux qui se sont tenus du 18 au 27 octobre 2019 à Wuhan18.

En Italie, l’intellectuel néo-marxiste Diego Fusaro, dont l’influence est considérable dans les milieux conservateurs, a accusé l’Occident dès le 26 février 2020, sur RadioRadio, en affirmant que l’hypothèse «qui présente le plus de cohérence, est celle selon laquelle entre en jeu, d’une façon ou d’une autre, la longa manus des États-Unis». Pour Fusaro, l’idéologie mondialiste serait la superstructure idéologique de la structure capitaliste qui est devenue un marché mondial unique sans frontières. Elle vise à la création d’un nouveau modèle anthropologique : l’individu sans identité, pur produit des stratégies de manipulation.

Ce projet totalitaire et liberticide, pour certains catholiques, correspondrait au règne de l’Antéchrist. Ces hypothèses répandues dans la blogosphère semblent séduisantes pour beaucoup, mais elles sont exprimées sous forme de “narration” plus que d’argumentation. Ce qui les rend fallacieuses n’est pas tant la théorie du complot sous-jacente, mais bien la prétention de fonder cette théorie sur des arguments purement circonstanciels, le plus souvent de peu de consistance. Le fait, par exemple, que Bill Gates ait prédit la pandémie et investi massivement dans des vaccins démontre sa capacité de prévision et son sens des affaires, mais n’est pas une preuve qu’il a créé et propagé le virus. De plus, attribuer la pandémie aux intérêts obscurs du super-capitalisme revient à affirmer la primauté des intérêts économiques dans les affaires du monde, inversant le principe du Père Garrigou-Lagrange, selon lequel il faut «expliquer l’inférieur par le supérieur», et non l’inverse. Les partisans de ces thèses utilisent donc souvent le «sophisme de la foudre», qui consiste à recourir à des phrases génériques et péremptoires qui ne convainquent pas les personnes sensées, mais impressionnent les incultes19.

La pensée contre-révolutionnaire des XIXème et XXème siècles a toujours affirmé l’existence d’un complot historique anti-chrétien20. En effet, la simple dynamique des passions et des erreurs humaines ne peut, à elle seule, expliquer le processus révolutionnaire qui, depuis des siècles, s’en prend à l’Église et à la civilisation chrétienne qu’elle a forgée. Avec une grande clarté logique, Plinio Corrêa de Oliveira écrit : «Mener à bien un processus aussi cohérent, aussi continu que celui de la Révolution, à travers les mille vicissitudes de siècles entiers pleins d’imprévus de tous ordres, nous paraît impossible sans l’action de générations successives de conspirateurs à l’intelligence et au pouvoir extraordinaires. Imaginer que la Révolution soit arrivée sans cela à l’état dans lequel elle se trouve, reviendrait à admettre que des centaines de lettres de l’alphabet, jetées par une fenêtre, pussent se ranger spontanément sur le sol et former une œuvre quelconque, l’Ode à Satan de Carducci par exemple» 21.

L’identification des forces secrètes qui font avancer la Révolution exige cependant une documentation minutieuse, une étude approfondie et, en dernière analyse, un grand équilibre.

Lorsque ces théories n’ont pas de solides fondements, on soupçonne qu’elles sont propagées par les agents révolutionnaires eux-mêmes afin de disqualifier toute critique des forces secrètes qui font avancer la Révolution. En effet, la meilleure façon de discréditer la thèse de la conspiration anti-chrétienne est d’imaginer des conspirations fantaisistes, à la limite de l’absurde. C’est un peu ce qui se passe avec les révélations privées. La meilleure façon pour le diable de nier les messages divins authentiques est de multiplier les fausses révélations pour avilir et ridiculiser les vraies.

Les “fenêtres d’opportunité”

C’est un discours bien différent et tout à fait raisonnable que d’affirmer que les forces révolutionnaires ont saisi dans la pandémie une “fenêtre d’opportunité”.

Le concept de “fenêtre d’opportunité” renvoie à la théologie de l’histoire selon laquelle Dieu est la cause de tout bien dans l’univers et que, lorsqu’il permet le mal, c’est pour en tirer un plus grand bien. Dans l’histoire, Dieu est toujours vainqueur et le démon toujours vaincu. La stratégie diabolique, opposée à la stratégie divine, consiste au contraire à essayer de toujours faire le mal et d’orienter vers le mal tout bien dont Dieu est l’auteur dans l’univers. Il y a donc une “fenêtre d’opportunité divine” qui consiste à tirer le bien du mal et une “fenêtre d’opportunité diabolique” qui consiste à tirer le mal du bien.

Cela s’applique également au cas du coronavirus, que la Révolution cherche à utiliser comme une “fenêtre d’opportunité” pour avancer dans une situation d’incertitude. C’est la thèse de deux représentants de la culture contemporaine de gauche: le sociologue slovène Slavoj Žižeke et le philosophe français Edgar Morin.

Žižeke, dans son ouvrage Virus. Catastrophes e solidarité, soutient que pour la Révolution communiste, en ce moment, «tout est possible, dans n’importe quelle direction, du meilleur au pire»22, tandis que Morin, dans son ouvrage Changeons de voie. Les leçons du coronavirus23, affirme que «le post-Coronavirus pourrait être à la fois apocalyptique et porteur d’espoir». L’un et l’autre estiment que le virus est un événement inattendu que l’on doit exploiter comme une fenêtre d’opportunité. C’est ce que fait la Révolution, en relançant, par exemple, la théorie du «grand reset”, la réinitialisation égalitaire d’où devrait naître un nouveau monde utopique.

Le 3 juin 2020, l’économiste allemand Klaus Schwab, fondateur du World Economic Forum, également connu sous le nom de “Forum de Davos”, a parlé de la “grande opportunité” d’un “great reset”, après la pandémie. Mais le concept de great reset n’est pas apparu avec le coronavirus. Dès l’an dernier, le 14 mai 2020, avait été prévu au Vatican le Global Compact on Education, un événement basé sur l’idée d’un “grand reset” écologique et mondialiste. Cet événement n’a pas eu lieu, mais il a été annulé précisément en raison de la pandémie.

Quelle que soit l’origine du virus, il est certain que les forces révolutionnaires cherchent en ce moment à manipuler la situation à leur avantage. Il y a parmi elles probablement différentes lignes, parce que le camp révolutionnaire est lui-même divisé. Cependant, le but ultime de la Révolution n’est pas un « nouvel ordre mondial », mais le chaos organisé. La Révolution vise à défaire l’œuvre de la Création et de la Rédemption pour instaurer le règne social du diable, un enfer sur terre qui préfigure celui de l’éternité, tout comme le Règne social du Christ, la civilisation chrétienne, préfigure le Royaume des Cieux. En ce sens, l’essence de la Révolution est le désordre, tandis que la civilisation chrétienne est l’ordre par excellence.

Le terme pandémie, qui vient du grec πάνδημος (pándēmos), «ce qui concerne tout le monde» est connexe au terme pandemonium, «tous les démons», qui est composé des termes grecs pân (tous) et daimónion (démon). Ce terme pandæmonium a été inventé par le poète anglais John Milton dans son ouvrage Paradise Lost24, pour identifier le palais construit par Satan en enfer. Pandémonium est synonyme de chaos, et le chaos diabolique semble être le fil conducteur de la pandémie actuelle.

Une occasion manquée

Au “grand reset” proposé par les révolutionnaires, il faudrait donc opposer un “grand reset” de signe opposé, fondé sur le retour à l’ordre et non sur l’instauration du désordre25. Malheureusement, les hommes qui gouvernent l’Église n’ont pas saisi la “fenêtre d’opportunité” que leur offrait également le coronavirus.

Qu’auraient dû faire les autorités de l’Église, et que devraient faire tous les catholiques, face à une telle pandémie ?

L’Église devrait avant tout parler de la mort, du péché, du jugement divin et finalement du choix devant lequel nous place le message de Fatima, entre la conversion et le châtiment, individuel et collectif.

On ne doit pas s’étonner si la société contemporaine, incapable de donner un sens à la vie, sombre dans l’angoisse face à la maladie et à la mort. Nous devrions nous étonner au contraire du silence de ceux qui ont toutes les armes nécessaires pour vaincre, non pas la mort, mais l’angoisse qui l’environne. Ce serait à eux de rappeler que la mort et tous les maux de l’humanité ont leur origine dans le péché, que le péché public est plus grave que le péché individuel, et que Dieu punit les péchés sociaux avec les fléaux de la maladie, de la guerre, de la famine et des catastrophes naturelles.

Car il n’y a pas de péché originel de la société, mais le péché collectif des hommes qui la composent. Et Dieu punit ou récompense les hommes individuellement dans la vie de l’au-delà, mais il punit et récompense les sociétés dans leur horizon terrestre, parce que les sociétés n’ont pas de vie éternelle, à la différence des hommes. Si le monde ne se repent pas, et surtout si les hommes d’Église se taisent, les châtiments, d’abord plus doux, devraient s’alourdir jusqu’à arriver à l’anéantissement de nations entières, comme l’a annoncé la Vierge Marie à Fatima.

Et Fatima n’est pas un récit apocalyptique d’origine humaine, mais une annonce divine, reconnue par l’Église.

Les “derniers temps

En ces premiers jours de l’année 2021, l’horizon est encore enveloppé de mystère, mais la gravité de la situation religieuse, politique et sociale nous donne à penser que notre époque est celle des derniers temps, dont parlent saint Louis-Marie Grignion de Montfort et d’autres saints. Non pas les derniers temps qui précèdent la venue de l’Antéchrist, mais ceux qui précèdent le triomphe du Cœur Immaculé de Marie26.

La prophétie de Fatima nous assure que nous ne vivons pas l’époque de l’Antéchrist, car la Russie se convertira et une période de paix sera accordée au monde. Nous ne savons pas combien de temps durera cette période de paix, mais nous avons la certitude que la paix, qui est la tranquillité de l’ordre naturel et chrétien, appartient à notre avenir. Saint Pie X, qui a vécu la terrible crise du modernisme, craignait que la perversité d’esprit de son temps ne soit «le début des maux qui sont réservés à la fin des temps” et que «l’enfant de la perdition dont parle l’Apôtre (II Thess. II, 3)»27 était peut-être déjà dans le monde. Il prononça ces mots dans sa première encyclique, E supremi apostolatus cathedra, du 4 octobre 1903, alors que la Vierge n’était pas encore apparue à Fatima. Mais nous ne pouvons pas ignorer la promesse de Fatima, qui ne nous parle pas de l’Antéchrist et de la fin du monde, mais du triomphe de son Cœur Immaculé et de la renaissance de la civilisation chrétienne.

Il y a une différence substantielle entre la venue de l’Antéchrist et celle du Cœur Immaculé de Marie. La domination de l’Antéchrist sera l’expression suprême du mal dans l’histoire. Ce jour-là, Satan régnera sur le monde et l’empire du mal s’étendra au point qu’il ne sera pas possible d’échapper par la dissimulation au choix radical pour Jésus-Christ ou contre lui. Le Christ lui-même, au plus fort de la persécution, vaincra l’Antéchrist et apparaîtra triomphant dans sa Parousie (Apoc. 6, 11).

Le triomphe du Cœur Immaculé de Marie est au contraire l’aboutissement d’un processus historique au terme duquel diverses nations seront anéanties, mais la Russie et d’autres nations seront converties à la vraie foi catholique, et cette conversion sera d’autant plus spectaculaire que la Russie a été dominée par le communisme et vit encore dans l’erreur de la religion orthodoxe. La Vierge a révélé à Sœur Lucie que la Première et la Seconde Guerre mondiale faisaient partie de ce processus, qui allait connaître de nouvelles convulsions avant d’atteindre son épilogue.

Il y a aussi une différence entre le châtiment de l’enfer, que la Vierge Marie montre dans la première partie du message de Fatima, et le châtiment des nations qui apparaît dans la deuxième et la troisième partie du même message. Le châtiment des âmes, au moment de la mort, est instantané, et il est pour l’éternité. Mais les nations n’ont pas d’éternité et leur châtiment advient donc dans l’histoire, après une succession d’événements, que la Vierge indique précisément: guerres, famines, persécutions contre l’Église et contre le pape. Certains de ces événements peuvent être des catastrophes naturelles voulues par Dieu à travers ses anges, qui sont les exécuteurs de ses plans dans l’histoire, mais d’autres événements sont voulus par les hommes, qui provoquent eux-mêmes leur autodestruction.

Plus elle approche de son but final, plus la Révolution s’autodétruit. En fait, s’il est vrai que «plus on est proche d’une cause, plus on en ressent les effets»28, le contraire l’est également. Si c’est la volonté de destruction qui est aux origines de la Révolution, l’élan initial devrait s’affaiblir progressivement à mesure que la destruction touche à ses ultimes conséquences, et cela parce que le mal, qui est la privation de l’être, ne peut pas atteindre le point d’extinction de l’être, dont il tire son existence.

C’est le drame du mal : il ne peut détruire le dernier reste de bien qui survit. Sa dynamique se heurtera nécessairement à ce qu’il reste de solide, dans la liquéfaction qu’il produit. La dernière étape du processus d’autodissolution, qui érode aujourd’hui le roc sur lequel est fondé l’Église, est donc destinée à voir la mort de la Révolution et l’éclosion d’un principe de vie opposé : un itinéraire de restauration de la foi et de la morale, de la vérité et de l’ordre social qui lui correspond. Ce principe est la contre-révolution catholique.

 

Le “temps de la révolte”

La Révolution a une origine et une direction unitaires, mais lorsqu’elle parvient au terme de son itinéraire, tend à se désagréger de façon désordonnée. Le chaos, c’est la fin, mais c’est aussi la fin de la Révolution. Selon le principe de l’hétérogénéité des fins, chaque Révolution de l’histoire s’est renversée à l’opposé des projets de ceux qui l’avaient fomentée. Même le projet de la République universelle et du “nouvel ordre mondial” est en train de devenir le scénario du chaos planétaire que nous avons sous les yeux. Les protestations et les affrontements sociaux s’étendent et les actes de désobéissance à toute autorité se multiplient dans une perspective de désordre global.

Dans la nuit du 14 juillet 1789, le roi Louis XVI apprit par le duc de La Rochefoucauld-Liancourt que la Bastille avait été prise. Le roi demanda : “Est-ce une révolte ?” “Non, Sire, c’est une révolution”, répondit le duc29. La différence entre révolte et révolution qui ressort de ce dialogue n’est cependant pas une antithèse. Chaque révolution est en fait née d’une révolte des tendances de l’homme. La révolte, cependant, devient une Révolution quand elle est organisée et qu’elle suit un programme et une direction. Au contraire, lorsque la Révolution perd sa capacité de planification et de direction, elle se désintègre et régresse, pour ainsi dire, en une pluralité de révoltes, unies seulement par le pathos de la destruction.

Igor Safarevic a décrit l’esprit de mort et de destruction qui imprègne littéralement la plupart des théories et mouvements socialistes au cours de l’histoire et en constitue la poussée interne. «La mort de l’humanité n’est pas seulement l’issue prévisible du triomphe du socialisme, mais en constitue la fin»30.

Aujourd’hui, c’est le temps de la révolte31, car la Révolution est en crise. Les émeutiers sont les écologistes, pacifistes, antiracistes, activistes LGBT, Indignados, Black Lives Matter et les activistes informatiques qui, incapables de réaliser leurs projets, ont choisi la voie de la guerre permanente.

Au début du XXIème siècle, le philosophe marxiste Toni Negri, dans son livre Impero 32, appelait à une «guerre globale permanente», non seulement contre les États, mais aussi contre les multinationales, l’ONU, la Banque Mondiale, le club de Davos.

Aujourd’hui, Diego Fusaro appelle à la révolte les «dissenters” de gauche et de droite. Les ouvrages de Fusaro ont des titres significatifs : Bentornato Marx et Antonio Gramsci. La passione di essere nel mondo. Ses idées sont sans équivoque. Son dernier livre, Pensare altrimenti. Filosofia del dissenso, est une apologie de la révolte et de la dissidence révolutionnaire.

Qu’est-ce que la dissidence ? Fusaro l’explique : «La Révolution et la rébellion, la défection et la protestation, la révolte et la mutinerie, l’antagonisme et le désaccord, l’insubordination et la sédition, la grève et la désobéissance, la résistance et le sabotage, la contestation et le soulèvement, la guérilla et l’insurrection, l’agitation et le boycott : ce sont toutes des figures protéiformes de la dissidence»33.

Fusaro exalte les grands rebelles contre l’ordre établi de l’histoire : Prométhée, Spartacus, Luther, les anabaptistes, Giordano Bruno, jusqu’à Marx, Lénine, Martin Luther King, Che Guevara et les No Global34. L’histoire de l’humanité, dit-il, commence avec «la dissidence d’Adam et Eve par rapport à l’impératif divin qui les empêchait de manger de l’arbre de la connaissance : eritis sicut Dei». «Cette dissidence originelle, bien que payée si cher, permet à l’homme de devenir vraiment tel qu’il est, de se dresser comme une faber fortunae suae autonome et libre, supérieur aux autres créatures en ce que lui seul est capable de se déterminer librement par son action responsable»35.

Adam et Eve, comme Prométhée, selon Fusaro, «ne cessent de nous enseigner l’importance de la dissidence, mais aussi, de façon connexe, la préférence d’une condition de tourment et de souffrance (…) par rapport à une servitude sans efforts et sans fatigues»36.

Ces paroles sont terribles. Fusaro se garde bien de rappeler que le premier grand rebelle, l’inspirateur de la rébellion d’Adam et Ève, le père de toute dissidence contre l’ordre établi, était Lucifer. Et Lucifer a choisi et continue à choisir de souffrir éternellement plutôt que de dépendre de son Créateur. Mieux vaut la souffrance et la mort que l’obéissance : c’est le message de Fusaro, l’un des plus célèbres représentants de la théorie du complot techno-capitaliste, contre laquelle il incite à la révolte, au nom de la “philosophie de la praxis”.

 

La lumière de Fatima dans l’obscurité de la nuit

Nous vivons une époque de chaos, mais nous avons une certitude : rien de ce qui se passe n’est accidentel ou fortuit ; tout dépend de la Providence divine. Les desseins de Dieu sont impénétrables, mais ils se réalisent infailliblement. Dieu, à travers les causes secondes, régule la chaîne des causes et des effets de notre vie et de notre histoire.

Nous ne savons pas si la Covid-19 est un événement naturel ou créé par l’homme. Ce qui est certain, c’est que comme tout désastre qui s’abat sur l’humanité, c’est un châtiment, et les châtiments pour l’humanité impénitente ont été prédits par la Vierge Marie à Fatima.

Nier que le coronavirus est un châtiment pour les péchés des hommes reviendrait non seulement à un rejet du message de Fatima, mais aussi à une profession d’athéisme pratique, et finalement, à un blasphème.

Laissons au monde le blasphème, comme blasphémait Voltaire face au tremblement de terre de Lisbonne en 175537. De notre côté, tournons nos regards vers la Cova da Iria, où la Vierge Marie, en 1917, confia à trois pastoureaux un message de tragédie et d’espérance pour l’humanité.

À la philosophie de la révolte, à la philosophie de la dissidence, à la philosophie de la Révolution, dont le diable est le premier inspirateur, nous opposons la philosophie de l’obéissance à la loi divine violée et offensée dans le monde entier.

C’est au nom de cette obéissance suprême que nous sommes prêts à retirer notre obéissance aux hommes, même à ceux de l’Église, si de graves circonstances nous l’imposaient. Mais si l’on doit en arriver là, ce sera avec douleur, avec respect, en renouvelant notre esprit d’obéissance à Dieu et à sa loi, en renouvelant notre amour pour l’Église et pour notre prochain : pour chaque frère, dont nous désirons faire la volonté, selon cette priorité de dépendances et de hiérarchies qui régit l’univers.

Nous aimons l’ordre et combattons le désordre. Notre lutte contre le désordre se nomme Contre-révolution, mouvement par lequel l’ordre est rétabli et restauré. L’ordre que nous voulons rétablir dans ses fondements est la civilisation chrétienne, image et reflet terrestre du Paradis. À Fatima, la Vierge a donné à la victoire de la Contre-Révolution le nom de Triomphe de son Cœur Immaculé. C’est notre horizon pour 2021, comme il l’a été tout au long de notre vie. Et pour accélérer ce triomphe, nous lançons un appel à tous les hommes de bonne volonté en cette année où nous célébrons le 450ème anniversaire de la victoire de Lépante, qui est aussi l’année consacrée par le pape François à Saint Joseph, protecteur de l’Église et de la Contre-Révolution.

Le message de Fatima est la lumière qui nous guide dans l’ère du coronavirus. Lumière de Fatima, lumière sans ombres, lumière immaculée, lumière de l’aube qui se lève: à toi nous demandons d’éclairer nos pas dans l’obscurité de la nuit. (Roberto de Mattei)

1 CONGREGATION POUR LA DOCTRINE DE LA FOI, Le Message de Fatima, Cité du Vatican 2000.

2 Réginald Garrigou-Lagrange o.p., Le sens du mystère et le clair-obscur intellectuel, Desclée de Brouwer et Cie, Paris 1934.

4 Fabio Adernò, La libertà religiosa nella legislazione d’emergenza, in Covid19 vsDemocrazia. Aspetti giuridici ed economici nella prima fase dell’emergenza sanitaria, par Michele Borgato et Daniele Trabucco, Edizioni Scientifiche Italiane, Napoli 2020, p. 77-102.

5 Cf. Joseph Tritto, Cina Covid-19. La chimera che ha cambiato il mondo, Cantagalli, Siena 2020, p. 207-218. Le boycottage d’un médicament comme l’hydroxychloroquine est à replacer également dans le contexte d’une rivalité entre Gilead Sciences, fabricant de Remdesivir, et Sanofi, fabricant de Plaquenil (chloroquine).

6 Aldo Giannuli, Coronavirus: globalizzazione e servizi segreti. Come la pandemia ha cambiato e cambierà l’ordine mondiale, Ponte alle Grazie, Firenze 2020, p. 198-205.

7 Aristote, Le confutazioni sofistiche, introduction, traduction et commentaire de Paolo Fait, Laterza, Roma-Bari 2007.

8 David Quammen, Spillover. L’evoluzione delle pandemie, tr. it. Adelphi, Milano 2014.

9 https://www.tgcom24.mediaset.it/2020/video/paolo-liguori-questo-virus-nasce-in-un-laboratorio_13934963.shtml

10 Steven Mosher, Don’t buy China’s story: The coronavirus may have leaked from a lab, in New York Post, 22 février 2020.

12 Enormous Evidence Coronavirus Came from Chinese Lab, in The Guardian, 30 mai 2020.

13 Joseph Tritto, Cina Covid-19. La chimera che ha cambiato il mondo, cité.

14 https://zenodo.org/record/4028830#.X2YSU2czbUr

15 Sharad SChauhan, Covid 19 Or Opportunistic Bioterrorism?: A Virus from China Set to Change World History!, Unistar Books Pvt. Limited, 2020.

16 PIE XI, Encyclique Divini Redemptoris du 19 mars 1937, in Acta Apostolicae Sedis, 29 (1937), p. 96 (p. 65-106.)

17 Salvatore Santangelo, Geopandemia. Decifrare e rappresentare il caos, Castelvecchi, Roma 2020, p. 17-18.

18 Germana Leoni, Guerra biologica, in “NexusNewTimes”, n°145 (octobre-novembre 2020), p. 28.

19 Père Enrico Zoffoli, Principi di filosofia, Edizioni Fonti Vive, Roma 1988, p. 554.

20 Cf. par exemple MGR Henri Delassus, La conjuration antichrétienne : le temple maçonnique voulant s’élever sur les ruines de l’Eglise catholique, Paris 1910, 3 volumes, avec une préface du cardinal Rafael Merry del Val.

21 Plinio Corrêa de OliveiraRévolution et Contre-Révolution, Société française pour la défense de la Tradition, Famille et Propriété – TFP, Paris 1997, p. 50-51.

22 Slavoj Žižek, Virus. Catastrofe e solidarietà, Ponte alle Grazie, Firenze 2020.

23 Edgar Morin, Changeons de voie. Les leçons du coronavirus, Denoël, Paris 2020.

24 John Milton, Paradise Lost, I, 753-756.

26 Cf. Roberto de Mattei, Plinio Correa de Oliveira, Apostolo di Fatima, Profeta del Regno di Maria, Edizioni Fiducia, Roma 2017, pp. 281-364.

28 SAINT THOMAS D’AQUIN, Summa Theologiae, III, q. 27, a. 5.

29 François Bluche cite cette anecdote dans son Dictionnaire des citations et des mots historiques, Éditions du Rocher, Paris 1997.

30 Igor Safarevic, Il socialismo come fenomeno storico mondiale, La Casa di Matriona, Milano 1980, p. 365.

31 Donatella Di Cesare, Il tempo della rivolta, Bollati Boringhieri, Torino 2020, pp. 10 e ss.

32 Toni Negri, Impero. Il nuovo ordine della globalizzazione, con Michael Hardt, Rizzoli, Milano 2002.

33 Diego Fusaro, Pensare altrimenti. Filosofia del dissenso, Einaudi, Torino 2017, p. 3.

34 Ibid, p. 3-4.

35 Ibid, p. 13.

36 Ibid, p. 14.

37 Poème sur le désastre de Lisbonne, in Œuvres complètes de Voltaire, Garnier, Paris 1877, tome 9, p. 470-479.

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