L’IA et le diable, une intéressante réflexion

L’IA et le diable, une intéressante réflexion

John Horvat II, essayiste et conférencier catholique américain, Vice-président
de l’American Society for the Defense of Tradition, Family and Property (TFP), a publié un intéressant  article où il soutient que les réflexions actuelles de l’Église sur l’intelligence artificielle restent trop théoriques et négligent une question essentielle pour les catholiques : l’impact de l’IA sur le salut des âmes. À partir de l’encyclique Magnifica humanitas du pape Léon XIV, il regrette que des notions comme le péché, la sanctification, l’enfer ou le diable y soient presque absentes, alors qu’elles sont au cœur de la vie spirituelle chrétienne.

Selon l’auteur, les fidèles sont confrontés à des problèmes très concrets : dépendance aux agents conversationnels, perte de temps, exposition à des contenus immoraux, isolement social et affaiblissement du jugement personnel. Il estime que l’IA crée de nouvelles occasions de péché, particulièrement pour les jeunes, et qu’elle devrait être évaluée non seulement sous l’angle de la dignité humaine, mais aussi sous celui du combat spirituel.

Horvat rappelle ensuite plusieurs principes de la doctrine catholique traditionnelle : le diable existe réellement, cherche la damnation des âmes et agit dans le monde pour éloigner les hommes de Dieu. L’Église enseigne qu’il peut tenter les personnes par des pensées, des images ou des suggestions, mais aussi exercer une influence à travers des réalités matérielles. Dès lors, l’auteur considère qu’il n’y a aucune raison de penser que cette influence ne puisse pas s’exercer également à travers les technologies modernes et l’intelligence artificielle.

L’IA apparaît ainsi comme un moyen particulièrement efficace d’action indirecte. En favorisant le narcissisme, la flatterie, la dépendance aux algorithmes, l’affaiblissement de l’esprit critique ou encore la solitude, elle pourrait préparer le terrain à une influence démoniaque. L’auteur souligne que le diable agit généralement de manière discrète et indirecte : il exploite les faiblesses humaines plutôt que de se manifester ouvertement.

L’article évoque aussi les dangers liés à la pornographie générée par l’IA, aux conversations obsessionnelles avec des agents conversationnels et à l’expansion de toutes sortes de passions désordonnées. Selon Horvat, ces technologies peuvent amplifier les vices et détourner les personnes de leurs devoirs religieux, familiaux et sociaux.

L’auteur va plus loin en suggérant que, si le démon peut agir sur la matière, il pourrait également exploiter les systèmes électroniques, les réseaux informatiques ou les applications d’IA. Il cite également la présence croissante de contenus occultes sur Internet – sorcellerie, astrologie, pratiques ésotériques – qui pourraient être renforcés par les nouveaux outils d’intelligence artificielle. Certains exorcistes, affirme-t-il, mettent déjà en garde contre ces influences.

En conclusion, John Horvat II estime que toute réflexion catholique sur l’IA devrait inclure explicitement la réalité du combat spirituel et la possibilité d’une influence démoniaque. À ses yeux, l’enjeu principal n’est pas seulement la protection de la dignité humaine, mais le salut éternel des âmes. Il reproche à l’encyclique son silence sur cette dimension et appelle l’Église à avertir plus clairement les fidèles des dangers spirituels liés à l’usage de l’intelligence artificielle (Source:  TFP France 06/06/2026 Perspective Catholique)

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