La Passion du Christ : source de la vraie miséricorde
En ce début de Carême, nous proposons à nos lecteurs une réflexion du penseur brésilien Plinio Corrêa de Oliveira parue en 1944 (Passio Christi, conforta me, dans “O Legionário”, n. 637, 22 ottobre 1944).
Nous avons besoin de beaucoup de charité, mais de charité chrétienne, pas de n’importe quelle philanthropie. Pourquoi ? Tout simplement parce que, sans l’Église de Notre Seigneur Jésus-Christ, il n’y a pas de véritable charité. Je ne nie pas qu’il puisse y avoir des gens qui font du bien aux autres. Dans ce cas, nous sommes face à ce que le grand Pie X appelait un «parfum de Foi». Mais la charité n’est que la charité chrétienne.
Dans le catholicisme, quelle est la source principale de la charité ? C’est la contemplation de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ. C’est la méditation détaillée sur les souffrances de «l’homme des douleurs». C’est le souvenir ému de Celui qui «de la tête aux pieds n’était qu’une plaie, sans rien de sain» (Isaïe 1,6). C’est la vision, jour et nuit, de Celui qui, par la main violente de ses ennemis, a été réduit à «un ver et non un homme, rebut des hommes, méprisé des peuples» (Ps. 21).
C’est dans la contemplation d’une telle douleur que notre cœur se dilate et devient capable d’avoir pitié de notre prochain. La miséricorde consiste à voir dans toute douleur humaine la souffrance du Christ lui-même. Soigner une blessure humaine, c’est comme si nous embrassions les plaies de Notre Seigneur, comme si nous appliquions un baume apaisant sur son corps torturé. Ce n’est qu’ainsi que nous posséderons la véritable vertu de charité.
Avant Jésus-Christ, il n’y avait pas d’hôpitaux ni d’associations caritatives. C’est une femme catholique, Fabiola, qui a fondé le premier hôpital. Depuis, combien d’associations caritatives ont vu le jour ! D’où sont-elles nées ? Des très saintes plaies de Notre Seigneur Jésus-Christ cloué sur la Croix. C’est de la Passion du Christ qu’est né le réconfort pour tant de créatures souffrantes.
Le meilleur remède à la douleur humaine est la compassion. La “compassion”, c’est-à-dire le fait de souffrir avec son prochain uniquement parce que son prochain souffre. C’est le reflet de la souffrance des autres dans notre propre âme. Comment la fleur parfumée de la compassion pourrait-elle jaillir du cœur humain, si froid, si dur, si égoïste ? Par la méditation de la Passion du Christ. Seules les âmes habituées à cette méditation peuvent avoir pitié de leur prochain. Seules elles ont des gestes de tendresse, des paroles de sincérité, de la discrétion dans l’action.
De la Passion du Christ jaillit la miséricorde, naissent les œuvres de miséricorde, jaillit la consolation. Quelle jaculatoire pourrait être plus apte à mobiliser la miséricorde chrétienne que «Passio Christi, console-moi» ?
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