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Que nous apprend la chaleur de ces jours-ci ?

SOURCE DE L'IMAGE: Antoniosocci.com (https://www.antoniosocci.com/)

Le récit dominant dans les médias affirme que c’est de notre faute, celle du grand-père qui roule en Panda et de la tante qui fait des barbecues. Par conséquent, l’Union européenne veut nous punir et nous taxer.

Cependant, cette idéologie est démentie par l’histoire et la science, car nous savons avec certitude que le climat de la planète change en permanence, depuis toujours, selon des cycles naturels, alternant des phases plus froides et des phases plus chaudes (parfois même bien plus chaudes qu’aujourd’hui).

Laissons donc tranquilles le grand-père et la tante.

En réalité, cette chaleur nous enseigne autre chose, quelque chose de vrai : le dogme climatiste/environnementaliste selon lequel l’homme serait le cancer de la planète est faux. C’est même le contraire : l’être humain est beaucoup plus faible et fragile que la nature et, depuis des millions d’années – comme le savait Leopardi – il lutte ardemment pour survivre dans un environnement très hostile.

Avant de parler de la “sauvegarde de la création” (dont parlent certains ecclésiastiques qui, ayant oublié le salut des âmes, pensent désormais au “salut de la planète”, avec en plus de mauvaises recettes), il faut avant tout prendre soin de la vie des êtres humains.

Depuis la nuit des temps, l’homme s’est organisé pour se protéger, avec des vêtements, divers objets fabriqués, et la découverte du feu, jusqu’à ce qu’il acquière, grâce à la technologie modern, la capacité de resister aux températures extrêmes, prolongeant ainsi considérablement son espérance de vie.

Dans les champs, il y a encore 70 ans, nos grands-parents se brisaient le dos et cuisaient sous le soleil brûlant de juillet pour moissonner le blé à la faux. Aujourd’hui, ce travail est réalisé par un seul agriculteur sur une moissonneuse-batteuse équipée de la climatisation pour le conducteur.

La technologie a énormément amélioré nos conditions de vie et de travail et nous a aussi permis de prendre soin de la nature, qui est, pour citer Leopardi, la première grande dévastatrice d’elle-même (ce que nous appelons “paysage” est souvent une œuvre de l’homme).

En Occident, ces dernières décennies, une grande œuvre de sauvegarde de l’environnement contre la pollution (qui n’a rien à voir avec le climat) a également été accomplie. En revanche, les puissances asiatiques émergentes, comme la Chine et l’Inde, sont encore très en retard.

Il existe évidemment toujours un déséquilibre de forces entre nous et la nature.
Encore aujourd’hui, nous devons nous défendre contre le climat, car – étant donné la fragilité du corps humain – les temperatures excessives, chaudes ou froides, endommagent la santé et peuvent accélérer la mort chez les personnes déjà malades, âgées ou très exposées.

Nous arrivons ainsi à aujourd’hui. Il faut d’abord souligner un fait Surprenant: le froid est beaucoup plus dangereux et nocif que la chaleur.

Luigi Mariani, professeur d’agrométéorologie, en rapportant une série d’études scientifiques récentes, écrit :« À l’échelle Mondiale, de 2000 à 2019, 91 %  des décès liés à des temperatures extremes ont été causés par le froid, et seulement 9 % par la chaleur. La consequence est que, pour protéger la vie des plus fragiles, en particulier les personnes âgées, il est essential de lutter contre le froid et les pathologies qui en découlent, sans pour autant néglier la protection contre la chaleur excessive de l’été ».

Mais ce n’est pas tout. L’augmentation (même modérée) des températures – généralement décrite sur un ton d’urgence apocalyptique – entraîne en réalité cette conséquence : « À l’échelle Mondiale, de 2000-03 à 2016-19, le taux de mortalité excédentaire associé au froid », écrit Mariani, « a diminué de 0,51 %, tandis que celui associé à la chaleur a augmenté de 0,21 %, ce qui conduit à une diminution nette de 0,44 %… en substance, l’augmentation des temperatures mondiales se traduit par une diminution de la mortalité due au froid ».

Mariani – toujours sur la base des études – souligne également que « la mortalité liée à la chaleur est plus élevée dans les zones urbaines, tandis que celle liée au froid montre une augmentation du risque dans les régions les plus défavorisées ».

Par ailleurs, « l’excès de mortalité hivernale par rapport à celle de l’été est plus marqué dans les pays méditerranéens (Italie, Espagne, Portugal et Grèce) ainsi qu’en Grande-Bretagne et en Irlande » que dans les pays du Nord.

Cela signifie que, en ce qui nous concerne, nous sommes moins préparés et moins habitués à nous protéger du froid, qui pourtant représente un danger plus grand que la chaleur.

Je contacte le professeur Mariani pour approfondir ces données. Il vient de tenir une conférence sur le climat et l’effet d’îlot de chaleur urbain. Il m’en fournit une synthèse et me donne aussi d’autres pistes de réflexion.

J’apprends, par exemple, que lorsque le chauffage est arrive, dans les années soixante, la mortalité a chuté. Et, en ce qui concerne la chaleur, j’apprends que le plus grand inconfort climatique dans les centres urbains se produit la nuit.

Il est possible de faire beaucoup pour améliorer la situation. Tout d’abord, il faudra beaucoup d’énergie dans les décennies à venire, tant pour faire face à la chaleur (les climatiseurs, déjà largement utilisés, représentent l’avenir) que pour le froid.

Il est également nécessaire d’avoir une bonne politique urbaine et de gestion du territoire. Les parcs verts en ville et les arbres dans les rues urbaines sont importants pour atténuer les températures. Mais ces arbres doivent disposer de sol pour les racines et d’eau, indispensable aussi bien à la vie humaine qu’à l’irrigation agricole (à ce sujet, Mariani souligne la nécessité de nouveaux barrages, car nous avons beaucoup de montagnes et beaucoup d’eau). La gestion de ce que l’on appelle l’îlot de chaleur urbain concerne également l’architecture et l’urbanisme.

Par exemple, il y a la question de l’albédo : un revêtement clair (comme le béton) produit moins de réchauffement, tandis qu’une surface foncée (comme l’asphalte noir) absorbe davantage de rayonnement solaire et chauffe plus, contribuant à l’effet d’îlot de chaleur. Le professeur Mariani a encore beaucoup d’autres suggestions…

En conclusion: beaucoup peut être fait, snas avoir besoin d’entretenir des alertes apocalyptiques, ni de suivre les folies de l’UE, dont les remèdes sont pire que le mal. La technologie est notre alliée, pas une ennemie.

(Antonio Socci, dans “Lo Straniero. Blog di Antonio Socci”, 6 juillet 2025)