L’avortement représente une véritable hécatombe, bien pire que les bombes atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki, qui ont fait au total environ 275 000 victimes, et pire encore que les conflits du Moyen-Orient et d’Ukraine, auxquels on attribue jusqu’à présent environ 267 000 morts. Il suffit de penser que, pour la seule année 2025, plus de 73 millions d’enfants à naître ont été tués dans le ventre de leur mère. Cette réalité a été révélée par une analyse menée par l’agence Worldometer sur la base de données de l’Organisation mondiale de la santé. Trente-neuf femmes sur 1000, âgées de 15 à 49 ans, ont eu recours à l’avortement, qui a ainsi largement dépassé les autres causes de mortalité telles que les maladies infectieuses (17 millions de décès), les cancers (10 millions) et le sida (2 millions). Même additionnées, ces pathologies n’atteindraient pas la moitié du nombre d’enfants supprimés dans le sein maternel. C’est impressionnant.
Il s’agit là du fruit non seulement d’une société sécularisée, mais aussi d’une industrie abortive qui s’est rapidement diffusée à l’échelle planétaire afin de tirer des milliards d’euros de profit sur la peau des enfants à naître. Ce phénomène est illustré par ce qui s’est produit récemment au Canada, où une enquête sous couverture menée par le groupe pro-vie RightNow a dénoncé l’existence d’une véritable «machine» de l’avortement tardif. Officiellement, selon les déclarations du gouvernement, les avortements tardifs ne devraient pas exister, ou seraient extrêmement rares et pratiqués uniquement en cas de graves problèmes de santé de la femme. Mais la réalité est tout autre. Trois vidéos, dans lesquelles tout a été documenté, l’ont révélée. La cofondatrice de RightNow, Alissa Golob, enceinte de vingt-deux semaines, s’est rendue à la Cabbagetown Women’s Clinic de Toronto en feignant de demander un avortement tardif. Sa demande a été immédiatement prise en charge, sans restrictions ni questions sur les raisons de sa décision. La seule chose qui lui a été demandée a été le paiement de l’intervention, soit 2 137 dollars, en espèces, car la structure n’aurait pas de terminal de paiement, du moins selon la justification fournie. Toutes les conversations tenues dans cette clinique ont cependant été filmées en caméra cachée et ont révélé une réalité jusqu’alors ignorée. Il lui a été dit que des avortements y étaient pratiqués jusqu’à la vingt-quatrième semaine. On lui a expliqué qu’une injection de digoxine serait administrée dans la partie inférieure de l’abdomen afin d’arrêter le cœur du fœtus. À vingt-deux semaines, l’enfant à naître commence à se familiariser avec les voix, son cerveau se développe rapidement, il peut percevoir le toucher et ressentir la douleur. «Pour autant que la science le sache, il n’existe pas encore une conscience comme la nôtre à ce stade, mais si elle existait, mieux vaudrait la prévenir», lui a déclaré le médecin. Tout cela est enregistré. L’injection de digoxine réduit ou élimine totalement la possibilité que le fœtus naisse vivant, ce qui est pourtant possible : au Canada, cela se produit dans 11,2 % des cas d’avortement. Si, en revanche, elle avait souhaité réfléchir encore un peu et avait dépassé cette limite, aucun problème: elle aurait alors été orientée vers le Women’s College Hospital, situé à seulement dix minutes, où des avortements sont pratiqués à des stades encore plus avancés.
La députée Leslyn Lewis, du Parti conservateur canadien, a demandé des explications concernant les résultats de cette enquête sous couverture, diffusés par l’agence LifeSiteNews. Ce qui s’est passé au Canada rappelle un scandale similaire survenu il y a quelque temps aux États-Unis. Cela ne surprend guère : depuis des décennies, un réseau international précis est à l’œuvre pour coordonner les organisations favorables à l’avortement et promouvoir partout sa légalisation, en présentant à l’opinion publique des estimations démographiques exagérées et «mathématiquement impossibles». Il ne s’agit pas d’erreurs commises de bonne foi, mais d’une stratégie de communication délibérée qui exploite le prestige de revues scientifiques réputées pour légitimer des chiffres dépourvus de fondement. C’est ce qui se produit également aujourd’hui lorsque l’on parle de «crise climatique», de «politiques reproductives» et d’Agenda 21. Il ne s’agit pas de phénomènes fortuits, mais du succès tragique, bien que réel, d’un plan diabolique qui a simplement appris à mieux se dissimuler.
L’idéologie de mort, aujourd’hui malheureusement associée à l’eugénisme, est en effet plus vivante que jamais, hier comme aujourd’hui. Elle se cache derrière des «droits humains» entièrement inventés et fallacieux. Pourtant, nous ne devons pas perdre l’espérance car, avec l’aide de Dieu, tout changement est possible.